Brion GYSIN

D’origine anglo-canadienne, Brion Gysin, artiste performer, poète, écrivain et peintre,  est connu pour avoir découvert au Beat Hotel la technique du cut-up en découpant au cutter des feuilles de papier journal qui se trouvaient en dessous de la feuille de dessin qu’il était en train de découper, procédé qui ne va pas sans rappeler Tristan Tzara.

Il a partagé cette découverte avec son ami William S. Burroughs, qui en fit une grande utilisation.

Gysin a aidé Burroughs à l’édition de plusieurs de ses romans, et a écrit un manuscrit pour une version cinématographique du « Festin Nu » (The Naked Lunch) mais qui n’a jamais été produite. Les deux ont collaboré sur un grand manuscrit pour Grove Press intitulée The Third Mind (Le Tiers Esprit) mais il s’est avéré qu’il serait impossible de l’éditer comme à l’origine envisagé. Le livre édité plus tard sous ce même titre inclut peu de ce matériel.

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Brion Gysin a aussi développé le procédé qu’il a appelé « poèmes permutés », dans lesquels quelques mots ou une formule sont répétés plusieurs fois, avec les mots réassemblés  dans un ordre différent à chaque réitération. Le plus célèbre de ses poèmes permutés est la tautologie, « I am that I am » dont il a donné la permutation dans un ouvrage publié par Something Else Press aux États-Unis.

Plusieurs de ces permutations ont été produites à l’aide d’un générateur aléatoire informatique programmé par Ian Sommerville.

Il a également expérimenté avec la permutation d’enregistrements sur bande magnétique, en découpant et recollant ensemble les bruits d’un pistolet enregistrés à différentes amplitudes dans le studio de la BBC, produisant le « Pistol Poem ». Cet enregistrement a été plus tard employé comme thème en 1960 pour la performance parisienne au  » Domaine Poétique », où furent visibles et audibles les travaux expérimentaux de Brion Gysin, François Dufrêne, Bernard Heidsieck et Henri Chopin. On trouve des enregistrements de Brion Gysin chez Sub Rosa dans le CD lunapark 0,10.

Il a travaillé intensivement avec le saxophoniste jazz Steve Lacy.

En 1986, il a enregistré un album avec le musicien français Ramuntcho Matta. On l’entend chanter et rapper ses propres textes sur des musiques composées par Ramuntcho Matta, avec la participation de Don Cherry, Elli Medeiros, Steve Lacy, Lizzy Mercier Descloux, Caroline Loeb etc. Cet album a été réédité en CD par Crammed Discs en 1993, sous le titre Self-Portrait Jumping.

Au début des années 1960, il construit, avec Ian Sommerville, la Dreamachine, un dispositif censé être regardé avec les yeux fermés.

Les revues d’avant-garde en France ont beaucoup publié Brion Gysin. En particulier, la revue Luna-Park a publié des dessins et textes de Brion Gysin dans sa première série comme dans la nouvelle série où ont paru des chapitres inédits en français de son livre, « The Last Museum » dans une traduction de Sylvie Durastanti.

Son abondante œuvre graphique a été souvent exposée notamment au Musée d’Art Moderne de Bruxelles et à la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques en 1980 (exposition Ecritures) ; en 1993 à la Biennale de Lyon : « Et tous ils Changent le Monde « 

(commissaire Marc Dachy) avec sa Dreamachine. Une monographie lui a été consacrée en  

2003 chez Thames and Hudson par José Ferez Kuri et en 2005 une biographie chez Disinformation par John Geiger

Brion Gysin  est décoré de l’ordre de Chevalier des Arts et Lettres en 1985.

Il est décédé le 13 juillet 1986 dans son appartement à Paris (situé en face du Centre Pompidou qu’il a abondamment photographié, impressionné par cette architecture qu’il a vu grandir … et dont il a permuté les photographies)

Lors d’une émission de télévision en France, peu après le décès de Brion Gysin, William Burroughs a déclaré que Brion Gysin était le seul être humain qu’il ait jamais respecté.

Les dernières expositions personnelles consacrées à Brion Gysin ont eu lieu au New Museum de New York (2010), exposition accompagnée d’un catalogue «Dream Machine»  et à l‘Institut d’Art Contemporain de Villeurbane en 2011.

Le Centre Georges Pompidou a présenté une exposition importante sur la BEAT GENERATION en 2016

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