Arthur AESCHBACHER

Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève, il fréquente à Paris l’Académie Julian et l’atelier de Fernand Léger. Il présente sa première exposition en 1951 (galerie l’Étoile Scellée, Paris) sous le parrainage d’André Breton ; Jacques Prévert préface le catalogue de sa deuxième exposition parisienne.

Très rapidement Arthur Aeschbacher expose dans de nombreuses galeries : Colette Allendy (Paris 1958), La Roue (Paris 1959), Paul Facchetti (Paris 1965), Fabien Boulakia (Paris 1971), Krief (Paris 1992), Marion Meyer (Paris 2000) … 

La galerie Véronique Smagghe l’expose régulièrement depuis 30 ans et particulièrement dans les foires Art Paris, Art Elysées, Galeristes …

Des rétrospectives lui sont consacrées : Centre d’ Art Contemporain de Corbeilles Essonnes (1993), la Fondation Zervos (La Goulotte Vézelay 2004), Les Abattoirs  (Avallon 2006), au Mexique et en Suisse… 

Rattaché aux Affichistes, il se tient néanmoins à l’écart du mouvement des Nouveaux Réalistes, dont il ne partage pas les visées sociologiques. Plutôt que de célébrer le  » lacéré anonyme  » comme Hains ou Villeglé, Aeschbacher utilise l’affiche comme un  » matériau de peintre « . Pour lui, le langage de l’affiche, qu’il décolle puis recolle et recompose, est avant tout celui de ses couleurs, de son épaisseur et de ses décrochements.

Ses tableaux sont ainsi, dans les années 60, composés de couches successives d’affiches lacérées, dont les textes sont devenus illisibles. Il revendique son double héritage : Mallarmé et Schwitters. 

Avec la série des « lettres éclatées » ou des « stores surfaces » (1973), exposés en 2019 à la Galerie Lara Vincy, il développe sa relation aux lettres en abandonnant plus souvent la pratique du collage/décollage. Peintes en noir, bleu ou sombre sur un fond gris, ces  » lettres éclatées  » se dispersent derrière des grilles de couleurs qui structurent la toile.

Puis, avec la série  » 6, 4, 2  » (1984), Aeschbacher épure ses compositions : les références linguistiques s’organisent en fonction d’arcs de cercle qui rompent avec la rectitude du précédent système de grille. Ses dernières œuvres restent fidèles à l’esprit des  » joutes graphiques  » où la lettre est chargée d’une force picturale, brisant ce que l’écrivain Michel Butor appelle le « mur fondamental édifié entre les lettres et les arts ». 

Ses expositions sont jalonnées de textes et publications : André Breton, Michel Butor, Charles Estienne, Giovanni Joppolo, Alain Jouffroy, Claude Minière, Gérard Georges Lemaire ; avec lequel une longue amitié s’établit,  également avec Brion Gysin et la Beat Génération autour de William Burroughs…

Arthur Aeschbacher nous a quittés peu de temps avant son exposition  «Anthologie».

 

(salon Galéristes, Galerie Véronique Smagghe Carreau du Temple,
octobre 2020, préfacée par  Gérard Georges Lemaire)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *